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Critique : Un Chemin Primitif

De Maddalena Canepa. « Espagne, 1799, Oviedo »—ainsi débute Un Chemin Primitif, premier roman de Maddalena Canepa. Une histoire d'amitié tissée sur fond de pèlerinage merveilleux.

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10 août 20173 min671 motsMis à jour le 27 mai 2026
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Critique : Un Chemin Primitif
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par Maddalena Canepa

« Espagne, 1799, Oviedo ». C'est ainsi que débute Un Chemin Primitif, le premier ouvrage de Maddalena Canepa. Une histoire d'amitié sur fond d'un merveilleux Chemin Primitif.

« Espagne, 1799

Oviedo »

C'est ainsi que débute Un Chemin Primitif, le premier ouvrage de Maddalena Canepa.

Entre les rues poussiéreuses d'Oviedo, deux hommes se rencontrent devant la cathédrale de San Salvador, munis du « bâton de pèlerin et besace, et ce regard détaché du monde car tourné vers l'intérieur (..) ». Les attend un Chemin, un voyage, non religieux mais de foi, « foi en l'universel, dans la quête passionnée de saisir le sens le plus profond du devenir cosmique (..) ».

C'est une histoire d'amitié entre Ludovico et Martino, sur le fond d'un magnifique Chemin Primitif, le frère cadet de la plus célèbre branche française du Chemin de Saint-Jacques. Un récit qui a l'apparence d'un roman historique, et peut-être précisément parce qu'il ne l'est pas, restitue des lieux et des impressions authentiques, présents à nos jours et vivants dans les souvenirs de ceux qui l'ont déjà parcouru. L'accueil hospitalier de Bodenaya, les éoliennes (transformées en moulins à vent), Doña Herminia, la Ruta de los Hospitales, l'Alto de Acebo et derrière soi la vue à couper le souffle des collines des Asturies, Lugo, Melide, et enfin le Monte de Gozo et Saint-Jacques-de-Compostelle, tout est décrit avec les mêmes senteurs et sensations. Certes, Ludovico et Martino dorment dans des étables et de vieilles auberges, à la recherche de sources plutôt que de bars, et d'une plume et d'un encrier à la place d'un smartphone. Mais bien qu'ils vivent au tournant de 1800, ils ont les mêmes préoccupations et façons de penser qu'un pèlerin moderne.

C'est Ludovico le véritable protagoniste du roman : quand ce n'est pas l'autrice qui raconte ses aventures (en utilisant la troisième personne), c'est lui-même qui se raconte, à la première personne. Il est dès le départ confronté à une vive douleur à la cheville, qui l'accompagnera, avec une intensité croissante, jusqu'à Saint-Jacques et Finisterre. À Martino, l'honneur et le privilège de le consoler, le soutenir et l'encourager dans les moments difficiles.

Pour encadrer l'histoire, de nombreux compagnons de voyage, eux aussi pèlerins, inspirés de véritables personnes rencontrées par l'autrice lors de son Chemin. Car bien que déguisé et interprété de manière inédite, Un Chemin Primitif reste une sorte d'autobiographie, une transposition, par moments imaginative, de son expérience très personnelle sur le Chemin. Peut-être trop d'action et trop peu d'espace pour la réflexion rendent les personnages trop simples et la relation fermée qui se crée entre Ludovico et Martino éloigne le lecteur et l'empêche de s'attacher aux personnages.

Le point faible de ce roman réside dans les nombreuses incohérences historiques qu'il contient. Les plus évidentes concernent par exemple la forêt d'eucalyptus, impossible à trouver en 1799 puisque cette plante, originaire d'Australie, n'a été introduite en Espagne qu'au cours du XIXe siècle ; les Colonnes d'Hercule à Finisterre, alors que les historiens les supposent situées au détroit de Gibraltar ; la présence d'un phare à Finisterre, construit seulement en 1853 ; ou la présence de deux pèlerins français parcourant le Chemin de Saint-Jacques en morceaux, une idée bizarre si l'on considère que 1799 est encore l'époque des déplacements lents et que le voyage depuis la France était encore très long et fatigant.

Un livre néanmoins bien écrit, fluide et qui se lit facilement. J'ai beaucoup apprécié les citations, par moments poétiques, de grands classiques de la littérature de voyage, présentes en ouverture de certains chapitres. Les paroles qui représentent le mieux l'esprit du livre appartiennent à Jean-Christophe Rufin, tiré de Le Chemin immortel, et voici comment elles s'expriment : « Un pèlerin n'arrive jamais nulle part. Il passe, simplement. »

Je veux alors vous laisser avec une question, qui accompagne les diverses phases de l'histoire :

« Que reste-t-il, tandis que tout change ? »


M.CANEPA, Un Chemin Primitif, Édition De Ferrari, Gênes 2017, 11,90€

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