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Critique: 'Un devin m'a dit' de Tiziano Terzani

Un grand classique de la littérature de voyage, 'Un devin m'a dit' de Tiziano Terzani raconte une année épique à travers l'Asie à la recherche de rythmes perdus, loin du tumulte de la civilisation moderne.

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7 mai 20186 min1 221 motsMis à jour le 27 mai 2026
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Critique: 'Un devin m'a dit' de Tiziano Terzani
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Critique « Un devin m'a dit »

Un grand classique de la littérature de voyage, « Un devin m'a dit » de Tiziano Terzani raconte une année épique passée en Asie, à la recherche de rythmes perdus, loin de l'agitation effrénée de la civilisation moderne

« Attention ! En 1993, vous courez un grand risque de mourir. Cette année-là, ne volez pas. Ne volez jamais ! ».     Et si ce printemps lointain de 1976, Terzani n'était pas allé précisément voir ce devin qui lui avait prophétisé ce destin ? Et s'il n'avait pas écouté ses paroles et avait continué sans scrupules à prendre l'avion ? Eh bien, alors ce livre, peut-être, n'aurait jamais vu le jour ? La rencontre avec le devin était-elle écrite quelque part ? Le hasard est-il le destin ? Tant de questions initiales qui servent à saisir l'essence de la merveilleuse aventure que Tiziano Terzani entreprit du 1er janvier 1993 jusqu'à la fin janvier 1994. Treize mois remplis d'histoires captivantes, racontées sans jamais décoller du terrain, se déplaçant par tous les moyens possibles, même à pied, mais sans prendre l'avion. C'était la conditio sine qua non que le célèbre écrivain et journaliste florentin s'imposa pour cette année, pour suivre la prédiction de ce devin chinois, rencontré par hasard (???) près de vingt ans auparavant.
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Terzani prit son courage à deux mains et décida d'utiliser cette période pour raconter à travers les colonnes du journal allemand Der Spiegel, pour lequel il était correspondant en Asie, l'histoire des Chinois d'outre-mer, les émigrés du Grand Empire dispersés dans divers recoins de l'Asie du Sud-Est : c'était justement l'« excuse » officielle pour justifier son choix de suivre la prophétie.

On comprend bien que l'écrivain était en quête d'un nouveau défi, d'une manière différente de voir le monde, d'observer les pays et les peuples en prenant tout le temps qu'il jugerait nécessaire.

Terzani se promit également que partout où il arriverait cette année-là, il irait rencontrer le devin local le plus connu, le sage du lieu, le magicien le plus estimé... juste pour jeter un coup d'œil à son propre destin.

C'est ainsi qu'une année épique a débuté, à la redécouverte de son Asie bien-aimée. Un choix dicté surtout par la volonté de se réapproprier sa propre vie, ses propres rythmes, sans devoir céder à l'agitation inutile et effrénée de la civilisation moderne.

Redécouvrir les frontières, franchir les limites, parcourir les distances fatigantes : les voyages lents offrent l'harmonie et la conscience car ils permettent de se réapproprier un petit peu de la liberté que nous avons perdue entre les duty-free shops, les avis d'embarquement et les chansonnettes gaies de l'atterrissage.

Du Laos au Vietnam, des premières élections démocratiques au Cambodge à l'ouverture de la première ligne de communication terrestre entre la Thaïlande et la Chine à travers la Birmanie, en passant par un légendaire Bangkok – Florence sur le Transsibérien jusqu'au voyage qui le ramena de l'Europe vers l'Orient, de la Mer Méditerranée via l'Océan Indien et le Détroit de Malacca jusqu'à Singapour à bord d'un vieux cargo.

Malgré la promesse de ne pas voler, Terzani n'a pas quitté son rôle de journaliste, réussissant toujours à arriver à temps là où c'était nécessaire.

Une idée qui l'amusait et qui lui a permis de redécouvrir le besoin instinctif de se mettre à l'épreuve, de ne pas se dérober aux difficultés, de parier peut-être sur lui-même pour mériter ensuite l'arrivée avec plus de joie.

La vie est étrange, c'est une sorte d'illusion, une métaphore continue, un état permanent d'instabilité, et si tu es du genre à commencer à te poser des questions, à avoir des doutes, des préoccupations, même les plus simples, eh bien quelque chose change alors, tu n'es plus le même car tu découvres des ombres et des lumières nouvelles et différentes.

Puis peut-être tu cherches aussi quelques réponses à ces simples questions, mais tu ne les trouves pas, et voilà que l'inquiétude envers le monde et ce qui nous entoure arrive en premier; si tu n'es pas assez fort, si tu ne te sens pas assez fort, il peut arriver que tu cherches ces réponses dans les chemins les plus inconfortables et difficiles.

Voyager au contraire est la meilleure solution, pour connaître, apprendre sans préjugés mais sans oublier qui nous sommes et pourquoi nous cherchons ces réponses. Et c'était le choix de Terzani.

Revenant à la deuxième promesse, celle de rencontrer le magicien le plus célèbre de chaque lieu, à chaque fois qu'il se trouvait face à un bonze, un sage ou un illuminé, il tendait à se reconnaître dans les paroles prononcées, mais il s'apercevait que c'était presque naturel de faire correspondre la réalité racontée à la vérité réelle, c'était comme faire rimer l'histoire du devin.

Un aspect qui, au fil des pages du livre, mûrira et évoluera chez Terzani, le portant cependant à connaître quelque chose de plus, à accomplir d'autres pas dans son parcours personnel.

Un parcours libre de la routine quotidienne, dans le seul but de servir sa propre conscience, avec l'esprit dégagé des pensées épuisantes et libre de jouir des joies du monde et de la nature. Un thème très récurrent dans le livre.

Peut-être que le mécanisme du bonheur, je parle du bonheur des choses simples, s'est arrêté quand la plupart des gens se sont éloignés de la nature. Comment peut-on grandir et vivre heureux sans avoir à proximité de son propre rythme de vie, celui des animaux et des plantes ?

Être heureux sans pouvoir écouter le bruit de l'eau d'une rivière ou d'un ruisseau ? Sans une immense prairie fleurie où jouir des aurores et des couchers de soleil ? Sans la possibilité d'observer la nature et d'en apprendre quelque chose, à quoi se réduirait la vie d'une personne ?

Je trouve troublante cette série de questions car je crois que beaucoup, beaucoup trop de gens ont oublié ces valeurs et ne cherchent même pas à les retrouver.

Ce livre est une source d'inspiration car il enseigne beaucoup de choses : laisser le temps s'écouler, sans angoisse, vagabonder et fouiller parmi ses pensées, retrouver le goût de voyager, en se laissant porter par les lieux et les gens, en les vivant pleinement.

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